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samedi 9 janvier 2016


Ma position sur le Conseil d’administration de la Mosquée de Marseille


Mesdames et Messieurs membres du Conseil d’Administration,

Aujourd’hui est convoquée un Conseil d’Administration de notre association « Mosquée de Marseille ». Vous connaissez mon engagement public depuis des années qui est celui d’une femme laïque qui se préoccupe de religion pour ne pas laisser le champ libre à ceux qui veulent l’instrumentaliser.

En conscience, j’ai décidé de démissionner du Conseil d’Administration de façon irrévocable. Je ne suis donc plus trésorière de l’Association. Je reste bien entendu fondateur de l’association et participante de l’assemblée générale car personne ne saurait m’enlever cette qualité qui m’avait été disputée par les multiples acteurs qui ont toujours cherché soit à affaiblir, soit à utiliser notre association.

Si je démissionne du Conseil d’Administration, c’est que je ne peux pas apporter mon quitus à la production des bilans financiers de notre association qui n’avaient pas été établis dans les règles de l’art depuis trop longtemps. Vous savez qu’au changement de Président l’ancienne équipe n’avait pas souhaité transmettre les pièces administratives et comptables et que cette absence avait entrainé une perte de temps et d’énergie considérables. Mais vous savez aussi que j’avais participé au choix d’un nouveau cabinet comptable, le cabinet Eyssautier, choisi de façon consensuelle devant établir les bilans manquants. Je n’ai pu que constater l’énorme difficulté à lui permettre de finaliser la mission qui lui avait été confiée. Et je n’ai pas été associée au choix de changer de cabinet pour établir les bilans manquants plutôt que de répondre de façon précise et exhaustive à l’ensemble des questions qui avaient été posées.

Dès lors, sans présager de la justesse des bilans produits ce jour auxquels je n’ai été nullement partie prenante, je ne peux m’associer à vos travaux.

Pour l’avenir, il me semble important de prendre conscience des nécessités, avec en premier la transparence. C’est une évidence en ce jour où l’Islam de France a choisi d’organiser une journée portes ouvertes pour montrer au grand public le vrai visage de l’islam de France, celui de la paix et de la tolérance. Il convient de faire de même en portant une attention à ce qui fait la vie d’une association : lisibilité de ses décisions, publicité des débats, prévention des conflits d’intérêts. C’est indispensable pour une communication transparente et une conduite exemplaire.

L’indépendance est une autre exigence. J’ai été de ceux qui ont empêché sous l’ancienne présidence que nous nous précipitions à accepter le financement de tel ou tel Etat souverain qui souhaitait, par notre entremise, s’immiscer dans les affaires françaises. Je ne le regrette pas. Car ma conception de notre association ne peut être que de poursuivre collectivement un projet d’indépendance. Même si le prix a payé est le retard que nous connaissons. A ce titre, nous devons réfléchir aux nouvelles possibilités liées à la remise en mouvement de la Fondation pour les oeuvres de l’Islam de France. Et nous devons pour nous même d’abord, pour nos partenaires ensuite, conduire une évaluation précise de la situation actuelle, au-delà des postures et des mots creux. Cela aussi est indispensable.

Le dernier point est la concorde. Les intrigues et les querelles sont légions. Il est indispensable de comprendre, qu’au delà des discours rares sont les élus à vouloir voir émerger une Mosquée à Marseille digne de ce nom dans la transparence et l’indépendance. Sans concorde, rien ne sera possible. D’autant plus que l’édification d’une Mosquée à Marseille n’est pas l’affaire des seuls musulmans. A Marseille, deuxième ville de France, capitale d’une belle région tentée par l’extrémisme, nous devons comprendre, accepter et nous organiser en conséquence pour que l’édification d’une Mosquée soit l’affaire de tous. Alors seulement, les conditions seront réunies pour aller de l’avant. C’est à cette refonte que l’association doit s’atteler.

Fatima Orsatelli

     

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