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dimanche 1er avril 2012


Avril 2012 : Un monde qui ne fait pas de quartier


Autrefois, les quartiers de sauveté désignaient ces lieux où les militaires étaient laissés en sécurité pour se reposer. Aujourd’hui, ne pas faire de quartier désigne l’être impitoyable qui ne sait faire preuve d’aucune tolérance.

Nous sommes tous marqués par les drames qui se sont déroulés à Toulouse et Montauban. Chacun aura réagi à sa façon en fonction de ses identités différenciées où la culture, la politique, les origines, la religion, la laïcité, les amitiés et bien d’autres apports trouvent leur place car nous sommes le fruit de tout cela. J’ai, tous ces jours, eu de nombreuses discussions empreintes de partage et de retenue mêlés. Comme si nous étions revenus à l’essence de ce que nous avons en commun : la République, cette forme de communauté d’esprit, où citoyens libres, nous choisissons de nous organiser pour déléguer nos pouvoirs à la recherche du bien commun.

Face à l’horreur insoutenable, notre corps social républicain avait besoin de ce temps de partage. Trop vite pourtant, sont revenus les stéréotypes utilisés de façon résolue ou inconsciente. Il est plus que jamais temps que l’on arrête d’agréger certains de nos compatriotes sur leur seule pratique religieuse. Ces calculs sont devenus monnaie courante pour certains politiques et certains médias sans aucun souci d’altérer la cohésion de notre pays. Les petits calculs politiques ne sont jamais loin : certains souhaitent s’accaparer un prétendu vote communautaire, quand d’autres désignent des boucs émissaires.

Les deux sont à blâmer.

Retrouvez en ligne ma lettre #3

     

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