Mes propositions pour la Jeunesse

Un certain climat anxiogène et les perspectives sombres pour notre planète imposent aux responsables politiques de réfléchir afin de proposer des solutions qui répondent au malaise de notre jeunesse. Je m’y risque avec la volonté de nourrir le débat des élections qui va bien finir par commencer 😊.

Elue, j’avais proposé une orientation appelée « Une citoyenneté active pour notre jeunesse« . Je partageais ma conviction de la nécessité de savoir faire une place à la jeunesse et nous mettre en situation d’accueillir leur énergie et leurs contributions pour redonner son plein sens à notre devise républicaine.

A l’aune des prochaines élections municipales qui permettent à la classe d’âge ayant atteint sa majorité depuis 2014 notre jeunesse de voter pour la première fois à des élections municipales, je souhaite porter quelques propositions qui montrent que la jeunesse est l’affaire de tous.

Car ne l’oublions pas, Marseille est une ville jeune qui, grâce à cette jeunesse, a une capacité d’audace, d’initiative et d’imagination exceptionnelle en France. A Marseille les 0 – 14 ans représentent 18,2 % de la population contre 14,4 à Paris et 15,5 à Lyon, source INSEE, stats 2016). Et cela va continuer, car Marseille, est la ville qui connaît une natalité parmi les plus élevées de France. Son taux de natalité 2018 est  de + 14 pour 1000 à Marseille contre 11,3 en France, source INSEE.

 

Constats

Nous avons besoin de la jeunesse et la jeunesse a besoin de nous.

Au cours de mon mandat régional, j’avais été frappée par l’interpellation des jeunes du Conseil régional des Jeunes (CRJ) qui nous mettaient en garde contre le communautarisme et pointaient un certain nombre de difficultés ayant trait à l’école, l’accès à l’information et à l’emploi et à la difficulté de donner un contenu à la notion de fraternité. On peut même penser qu’ils pointaient une antinomie réelle entre l’essor du communautarisme et la lisibilité de la fraternité.

Ce qui apparaît clairement est que les jeunes veulent dialoguer avec la société. Ils veulent être écoutés. Ils ont des propositions à nous faire. C’est ainsi qu’ils pointent la nécessité de savoir créer des espaces de dialogues où chacun puisse exprimer ses idées et proposer des solutions aux problèmes. C’est pour eux l’opportunité de former de futurs citoyens patriotes, des enfants de la République qui seront fiers de leurs droits et qui combattront l’extrémisme, le terrorisme, le racisme et les discriminations.

Ce constat est corroboré par les nombreuses discussions que j’ai régulièrement avec les acteurs scolaires et associatifs. Il en ressort la nécessite de sortir les jeunes de leur isolement sociétal, pas seulement par des mesures techniques, mais par une action quotidienne qui soit largement partagée. De fait, les jeunes, trop souvent considérés sous le seul angle de leur statut (lycéen, étudiant, demandeur d’emploi…) et n’ont pas le sentiment d’être ni écoutés, encore moins entendus.

Face à ce constat, j’éprouve à chaque fois que l’échange se produit, leur soif permanente de dialogue avec leurs ainés, avec les élus, dans une reconnaissance mutuelle de leur statut de jeunes citoyens.

 

Principes

Aussi pour réussir, nous devons faire une place à la jeunesse et nous mettre en situation d’accueillir leur énergie et leurs contributions pour redonner son plein sens à la totalité de notre devise républicaine.

Pour y parvenir, nous devons considérer ces jeunes adultes comme des citoyens à part entière. Cela passe aussi par la capacité de la nouvelle municipalité d’apporter à la jeunesse une aide à la réalisation d’un Projet de Vie, une aide à l’autonomie. C’est une aide individuelle, pas forcément matérielle. Cela doit être une aide émancipatrice, rendue possible par l’engagement de citoyens. Ils sont nombreux à la demander et nombreux à vouloir s’engager. Nous devons savoir prendre en considération ces énergies.

 

Rôle des élus

Dans les circonstances actuelles, le rôle des élus devrait être de créer une culture du débat, basée sur l’écoute, le dialogue, la négociation et la décision.

Comme les jeunes nous y incitent, il nous faut savoir solliciter la parole citoyenne par une consultation massive et régulière. Il s’agit de savoir aller puiser dans l’énergie et l’expertise des citoyens. Cette consultation passe par une écoute et un dialogue constants.

 

Une information ciblée et adaptée à la jeunesse

Le préalable c’est de favoriser une information ciblée et adaptée à la jeunesse. Pour y parvenir, il faut savoir adapter notre communication institutionnelle pour qu’elle soit plus facilement accessible et utilisable par les jeunes. Beaucoup a été fait. On peut certainement aller plus loin et ainsi imaginer une webTV jeunes et des briques de contenus, de services réutilisables par des médias, des blogs, les corps intermédiaires (associations, mutuelles, clubs sportifs, etc.) au contact des jeunes.

Le niveau municipal, est pertinent pour saisir la demande des jeunes d’espaces, offrir des lieux d’exposition aux jeunes artistes et plus généralement de libre expression pour la jeunesse, s’ouvrir largement aux initiatives impliquant différents acteurs, dont les écoles de journalistes. La mixité sociale est un enjeu majeur. Nous en avons repris conscience.

Pour des jeunes qui s’intéressent à la vie publique c’est un sujet de préoccupation évidente. Sachons leur répondre. Dans le même temps, les réseaux sociaux doivent être utilisés à bon escient pour diffuser et recueillir une information pertinente, avec des supports écrits plus adaptés, mieux diffusés. C’est l’opportunité de valoriser les projets, les réussites, les expériences de tous les jeunes. C’est une façon pertinente de répondre aux jeunes qui s’alarment des inégalités de traitement de l’information, quand l’accent est systématiquement mis sur les trains qui n’arrivent pas à l’heure, et si rarement sur les réussites, les solidarités, les engagements.

Avec comme mot d’ordre la simplicité et la visibilité, ces actions sont en mesure de développer un sentiment d’appartenance : non seulement à la municipalité, à la métropole, mais plus spécifiquement à la République. Collectivité de la République, Marseille et sa métropole sont les échelons pertinents pour incarner pleinement les valeurs républicaines.

Elles se constituent ainsi comme un espace de fraternité et, ses politiques, par notamment leurs compétences en matière de transport, développement économique, formation pour les apprentis et les lycéens œuvrent pour favoriser une égalité des chances.

 

Un destin collectif

Il nous faut être à l’écoute pour répondre à la volonté des jeunes de participer à un destin collectif, à leur soif d’échanger avec l’autre, de se réaliser en partageant des moments forts de dialogue avec l’ensemble des forces vives qui constituent le tissu social.

Et comme il existe aussi un refus clair de l’assistanat mais une envie évidente de solidarité, il faut tirer le bilan du constat que lycéens, étudiants, apprentis, entrepreneurs, salariés, élus et institutions ne demandent finalement qu’à se rencontrer régulièrement pour apprendre à décrypter ensemble un monde complexe afin de savoir créer des opportunités pour tous.

La ville et sa Métropole, comme espaces de vie, d’éducation et de réalisation personnelle et professionnelle, sont l’échelon pertinent. Elles sont en capacité de lancer ce dialogue, pour que les uns et les autres puissent se rencontrer et apprendre ensemble.

Ce ne doit pas être une action ponctuelle, mais un processus au long cours, en plusieurs étapes, pour inverser l’image et la place de la jeunesse.

  • Ce processus d’écoute doit débuter par une enquête sociologique grandeur nature, avec le montage d’un film interface de communication avec un relais web TV. Les sujets de la jeunesse y seront recensés, décryptés, organisés et hiérarchisés par des professionnels aguerris comme une véritable enquête.
  • Cette enquête sera ensuite partagée au cours de très nombreuses réunions, autant d’occasions d‘apporter des connaissances, des savoir-faire, des savoir-être, transmettre les acquis entre les générations, combattre les préjugés entre les cultures. Les élus, majorité et opposition, doivent y prendre leur place, être étroitement associés à la préparation, comme au déroulé, de ce dialogue républicain. Les jeunes et les forces vives s’engagent avec la volonté de dessiner ensemble un avenir. Chefs d’entreprise, associations, institutions, personnes volontaires, tous se retrouvent dans ces rencontres-actions où le projet personnel ou professionnel de chacun est la priorité. Ainsi se construit, jours après jours les fondations d’une citoyenneté active. Des acteurs publics et privés sont associés. Cette participation est primordiale. Elle désacralise l’entreprise et l’institution en montrant par ces rencontres que l’on est loin d’une porte close, mais ce sont des visages des femmes et des hommes.
  • Un tel dispositif est essentiel, notamment dans certains quartiers. Il s’agira de les accompagner avec une attention redoublée, en ayant la volonté de favoriser le développement d’expérimentations et en conjuguant nos efforts avec les initiatives privées d’intérêt général. Je pense notamment au projet de fonds d’investissements pour les projets des quartiers, les initiatives multiples post grand débat national pour faire de la jeunesse une cause nationale de premier plan.
  • Pour marquer les esprits nous devons imaginer un événement annuel à l’échelle de la Marseille et de sa Métropole. « La République fête sa jeunesse». Cela sera l’occasion de présenter les résultats des échanges conduits tout au long de l’année, dans tous les quartiers et les lieux de la jeunesse. Ainsi les contenus, les forums, les rencontres avec les professionnels, les acteurs publics et privés associés, les élus, les jeunes, étudiants, apprentis, lycéens, créateurs d’entreprises, demandeurs d’emploi, salariés seront mis en valeur par des témoignages et des animations.

 

Des Projets de Vie

Aider les jeunes à construire un projet de vie peut sembler iconoclaste. J’entends certains dire : « Mais cela ne peut être une politique publique ! ». Et pourtant, il existe une demande forte pour un accompagnement personnalisé, une ouverture des réseaux, des carnets d’adresses, pour aider les jeunes à construire leurs Projets de Vie. En regard, peu nombreuses sont les initiatives pour organiser la mise en relation des jeunes avec ceux qui disposent des ressources, des méthodes et de l’expérience.

Pendant longtemps, j’ai entendu à plusieurs reprises dire : « Qu’un jeune issu de tel ou tel quartier ne sera pas orienté de la même façon qu’un jeune issu d’un milieu favorisé, parce que les parents du dernier seront mieux informés sur ce qui existe ». Aujourd’hui, mon action publique est guidée par la ferme volonté de rétablir les conditions de l’égalité des chances.

Comme institutions républicaines, la ville et sa métropole doivent s’engager pour leur jeunesse au travers de contrats de réussite signés entre chaque jeune volontaire, les collectivités et un partenaire concerné par la mise en œuvre du projet. Le suivi doit être assuré par une mission « jeunes » spécifique, dans le cadre d’une réorientation forte des administrations en direction de la jeunesse.

Un club des partenaires composé d’adultes volontaires, expérimentés et prêts à donner du temps apportera un soutien individualisé aux jeunes. En fonction du contrat signé, qu’il soit à la recherche de stages, d’expériences, de formations, de ressources, de dispositifs, ou dans la volonté de réaliser une œuvre d’intérêt général, ou dans une démarche de solidarité internationale, le partenaire partagera son expérience et permettra au jeune d’accéder à son réseau pour réaliser son projet.

Une politique de la jeunesse ambitieuse, c’est donc aussi des citoyens qui s’engagent. Des citoyens qui donnent de leur temps, de leur énergie, de leur savoir-faire pour accompagner un, deux, trois jeunes. Pour leur mettre le pied à l’étrier, partager leurs connaissances, leur réseau pour élargir l’horizon de nos jeunes.

Voilà Marseille que nous voulons !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *